Le marché de la voyance à l’épreuve de la crise

Cette semaine s’est tenue la 29 ème édition du salon Parapsy, rencontre des adeptes et professionnels des pratiques divinatoires.

Le marché de la voyance

L’occasion de constater que le marché de la voyance se porte bien, même très bien, une trajectoire rare en ces temps de crise.

Le marché de la voyance

Mais c’est justement ce contexte économique maussade qui a déterminé l’évolution du marché de la voyance : si la crise économique a bousculé ses pratiques, elle lui a surtout été très profitable.

Un marché porté par la crise et le développement d’internet

Les voyances sont donc devenus un business, un marché. Les chiffres surprennent : 1 français sur 4 consulte un voyant chaque année, et le chiffre d’affaire généré est estimé à 3 milliards d’euros par an.

Au regard de ses performances, le marché de la voyance ne semble pas souffrir de la crise, au contraire.

Un marché en pleine forme qui a également profité de l’essor d’internet : le développement des consultations en ligne et par téléphone a fait exploser le nombre moyen de consultations.

Les effets de la crise économique couplés au développement d’internet ont dopé l’offre comme la demande sur le marché de la voyance.

D’un côté, le nombre de voyants proposant leurs services ne cesse d’augmenter sur internet : n’importe qui peut aujourd’hui s’improviser voyant.

Aucune compétence n’est exigée par les grandes compagnies, seul l’art de garder le plus longtemps les clients au téléphone détermine le nombre de clients que la compagnie renverra vers vous.

De l’autre côté, internet permet une surexposition de ces offres au plus grand nombre et la crise semble avoir renforcé le besoin des français de consulter un voyant.

La voyance, nouveau remède à la crise d’angoisse

La crise économique ayant accru le besoin de certitudes face au désordre qu’elle a installé, elle pousse de plus en plus de Français inquiets face à un futur incertain vers les voyants.

Chaque année, 15 millions de français consultent un voyant pour trouver les réponses que seules les forces mystiques semblent susceptibles de leur fournir.

Avec la crise, les inquiétudes se sont intensifiées mais ont surtout changé de nature.

Les voyants remarquent que depuis quelques années, il n’est plus question de doutes amoureux ni de recherche de l’âme sœur ; les français se questionnent désormais davantage sur :

  • leur vie professionnelle
  • leur situation financière
  • l’avenir de leurs enfants

Un changement symptomatique d’une tendance générationnelle : dans un contexte de crise, l’inquiétude n’est plus sentimentale mais matérielle, le bonheur n’est plus le fruit de l’épanouissement affectif, il est d’abord soumis à une situation financière stable et satisfaisante.

La question n’est donc plus tellement celle de vivre heureux mais de survivre dans un contexte économiquement difficile.

Les voyants disent connaître l’avenir, leurs réponses se veulent donc rassurantes et leurs conseils précieux, ils sont ainsi devenus de véritables conseillers de vie, guidant leurs clients dans leurs choix.

Voyant : un nouveau métier du conseil ?

Le don de voyance ne semble plus être un prérequis pour un voyant aujourd’hui.

Un don de voyance

Face à la multiplication des offres, difficile de distinguer les vrais voyants des faux ; toutefois, le bon voyant ne se distingue plus tellement par son don magique mais par la qualité de ses conseils.

Le voyant 2.0 se pose comme une oreille attentive aux maux de ses clients. Il n’est plus tant un être doué de magie qu’un « professionnel » du conseil.

Détenteurs de vérités aux yeux de leurs clients, les voyants sont désormais de véritables conseillers de vie, une aide précieuse à la prise de décision pour certains, une façon de les conforter ou non dans leurs choix pour d’autres.

La crise a donc remodelé le secteur de la voyance qui semble se détacher de plus en plus du mystique pour devenir un véritable marché du conseil amateur.

Par conséquent, les escroqueries en tant que pièges de la voyance se multiplient et un nombre croissant de joyeux opportunistes s’improvisent voyants pour arrondir leurs fins de mois : un marché avec la détresse et la crédulité comme fonds de commerce. L’abus de faiblesse serait-il devenu l’arme secrète pour contrer la crise ?

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