La voyance, un business aux frontières floues

Entre 25 et 35% des français consultent un voyant au moins une fois par an. Cela va du trader cherchant l’inspiration pour ses prochains investissements, au propriétaire de petit commerce souhaitant savoir si la prospérité viendra, en passant par les célibataires cherchant l’amour.

Un business immense ?

En 2008, l’institut national de statistiques et d’études économiques (INSEE) estimait à 2 300 le nombre d’entreprises de voyance (qu’elles soient grandes ou individuelles).

Il est difficile de croire qu’un si petit nombre puisse contenter une demande d’au moins vingt millions de français par an, en sachant que certains consultent plusieurs fois par mois. La même étude jaugeait le chiffre d’affaires du secteur à 70 millions d’euros.

L’institut national des arts divinatoires (INAD) annonce plutôt un chiffre d’affaires à 3,2 milliards d’euros (pour l’année 2 000) et environ 100 000 entreprises que l’on pourrait rattacher au secteur de la voyance.

L’institut national des arts divinatoires

Qui sont les voyants en France ?

De telles divergences de chiffres peuvent s’expliquer par des différences de méthodes utilisées pour quantifier le secteur.

L’INSEE ne répertorie que les entreprises déclarant une activité de voyance, ou qui s’y rattachent.

La réalité est toute autre, l’INAD estime que la très grande majorité (plus des trois quarts) des voyants officient sous différents titres, et tendent plutôt à se déclarer experts en conseil, accompagnateurs, En somme, n’importe qui peut se déclarer voyant en France, puisque son statut légal est simplement celui « d’activité marchande », il n’est donc pas nécessaire de passer un diplôme.

Cette liberté est toutefois récente puisque avant 1994, cette activité était condamnée par le code pénal.

Le « gros » du secteur n’est cependant pas réalisé dans le cadre de consultations physiques, mais plutôt grâce aux plateformes téléphoniques de voyance, dont les appels sont facturés généralement entre 3 et 10 euros les 10 minutes, ainsi que les consultations virtuelles souvent rendues possibles par le téléchargement d’une application mobile, proposant au client plusieurs tarifs en fonction de sa demande (chat vidéo, simple avis…).

Selon l’INAD, les 2 plateformes de voyance à distance leader du marché génèrent à elles seules environ 40 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel.

Le marché d’application de son téléphone

Il suffit également de rechercher le terme « voyance » dans le marché d’application de son téléphone pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène : une liste d’applications qui semble sans fin et dont certaines ont été téléchargées plus de 500 000 fois, proposant des achats via l’application allant de 50 centimes d’euros à 40 euros.

Les descriptions de l’application n’excèdent que rarement la centaine de mots et sont parfois directement traduites via un traducteur en ligne, ce qui laisse sceptique quant à la qualité du service proposé.

Et pour cause, l’INAD pense que sur les 100 000 acteurs de la divination-voyance en France, plus des deux-tiers seraient en réalité des « charlatans », considérant cette activité comme une source de revenu facile, le plus souvent en complément de leur activité principale ; le tout sans compter toutes les personnes exerçant cette activité au noir.

Comment choisir un voyant ?

De nombreux adeptes de voyance, regroupés sur des blogs ou des sites spécialisés, proposent des moyens simples pour consulter sans se faire avoir, et mettent en garde contre les « usines à prédiction ».

Comment choisir un voyant ?

De ces discussions ressortent quelques principes.

Tout d’abord il est grandement conseillé de se méfier des consultations gratuites ou aux tarifs avantageux, ils dissimuleraient généralement une arnaque ou piège de la voyance bien ficelée consistant à rediriger le client vers des plateformes téléphoniques surtaxées sans l’en avertir.

Il serait également plus probable de tomber sur un « vrai » voyant en écartant les pseudonymes narcissiques et jouant la carte du mystique.

Les voyants reconnus et appréciés de leurs clients utilisent généralement tout simplement leurs noms.

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