La voyance, pure fiction ou réalité excessivement subtile ?

Depuis que l’espèce humaine existe, elle a toujours ressenti un besoin impérieux de s’affranchir de ses doutes quant à son passé, son présent ou son devenir.

Définition de la voyance

Elle s’est de ce fait ingéniée à développer des arts divinatoires pour essayer de décrypter les moindres signes pouvant lui apporter des réponses à ses questionnements.

Au premier rang de ceux-ci figure la voyance. Ses adeptes sont aujourd’hui légion et génèrent un chiffre d’affaires avoisinant les 3 milliards d’euros.

Pour connaître la voyance, voyons sa définition. La voyance est donc un concept selon lequel l’esprit humain serait à même de percevoir des informations, nonobstant l’utilisation de ses cinq sens et indépendamment des facteurs temps et espace. Ce système comporte deux branches :

La mantique qui s’appuie sur des supports physiques. Les plus connus sont :

  • l’astrologie
  • la cartomancie
  • les pièces de monnaie
  • dans le cas du Yi King chinois, des cailloux ou des graines pour la géomancie
  • la radiesthésie qui perçoit les signes au moyen d’un pendule

La radiesthésie

La voyance pure qui se base sur les facultés de l’esprit à capter et interpréter des signaux imperceptibles dans le monde matériel.

La mantique

L’astrologie, mère de toutes les formes de voyance.

L’hypothèse retenue par la plupart des historiens est que babylone serait le berceau de l’astrologie horoscopique, doyenne des arts dits divinatoires.

Plus de 3000 ans avant notre ère, cette région aurait abrité le peuple sumérien. Ce dernier aurait selon toute vraisemblance inventé les cunéiformes, la plus ancienne forme d’écriture connue.

Une collection de signes dénommée tables de Vénus remontant au deuxième millénaire avant Jésus Christ serait la preuve la plus tangible attestant l’existence de l’étude des astres.

Ces tables seraient à la base des observations des Babyloniens qui ont pu à partir de ces documents établir les premières cartes astrologiques.

Les siècles suivants virent la domination des civilisations égyptienne et grecque. A la lecture des textes grecs de cette époque, de nombreuses sources s’accordent à affirmer que l’éclosion de l’astrologie horoscopique a eu lieu en Egypte.

Par la suite, les Arabes ont conquis cette région. De part leur position dominante, ils ont hérité des lumières des enseignements hellénistes qu’ils ont par ailleurs peaufinés en y incluant de nouveaux systèmes impliquant une interaction des planètes comme la translation de la lumière et l’abscission.

Cette version de l’astrologie est sans conteste l’ancêtre de celle occidentale de nos jours.

Quelques autres systèmes de la branche mantique

Les civilisations anciennes de l’Europe avaient des méthodes originales pour décrypter l’avenir. Entre le 1er et le 4ème siècle, grâce à l’étude des entrailles d’animaux, les haruspices pouvaient prédire l’avenir.

Le plus célèbre d’entre eux est probablement Titus Vestricius Spurinna qui avait supplié Jules César de ne pas se rendre à son rendez-vous avec la mort, mais en vain.

La géomancie pour sa part est une méthode de divination qui remonterait à la préhistoire. Sa vulgarisation est vraisemblablement due à la civilisation arabe et plus précisément perse.

Elle se distingue des autres modes de divination par son langage mathématique qui en a fait un outil compréhensible universellement.

Il est donc normal qu’elle ait pu se répandre un peu partout dans le monde.

Le Yi-King chinois quant à lui aurait été pratiqué depuis plus de trois millénaires, mais l’élaboration de ce livre condensant la pensée chinoise et baptisé livre des mutations aurait eu lieu au millénaire précédant l’an 1 du calendrier Julien.

Sa conception, à l’instar de la géomancie se base sur des figures géométriques faciles à comprendre, ce qui explique l’engouement actuel des passionnés de voyance pour cette discipline.

La cartomancie reste l’un des arts divinatoires les plus prisés par les consultants. Son usage remonte à la fin du XV ème et début du XVI ème siècle en Italie.

Elle connaîtra son âge d’or au siècle des lumières, peu avant la révolution française grâce à Jean Baptiste Alliette qui a vulgarisé cet art divinatoire avec son « Petit Etteila où l’art de tirer les cartes ».

Par la suite, la cartomancie devra son succès au Tarot de Marseille.

La radiesthésie peut également être associée à la voyance dans la mesure où elle détecte des ondes magnétiques susceptibles d’indiquer la présence de phénomènes indétectables à l’appui des seuls cinq sens.

Des documents attestent son existence en Chine depuis plus de 3000 ans. Si la majorité des radiesthésistes utilisent leur don uniquement à des fins de recherche, certains n’hésitent pas à s’en servir pour prédire l’avenir.

La voyance pure

Cette pratique est le fait des prophètes ou des médiums, supposés avoir le don de communiquer avec les esprits de personnes disparues.

Médium

L’Histoire retenu au XVII ème siècle l’existence de pouvoirs de prémonition inexplicables.

Ces derniers sont attribués à Saint Joseph de Cupertino qui entrait en transes et se mettait à léviter quand un évènement notoire était en gestation.

L’un des plus grands ambassadeurs de la voyance pure a pour nom Alexis Didier, un proche de Louis Philippe. Ses dons divinatoires avaient ébahi le plus célèbre prestidigitateur de tous les temps, Robert Houdin.

Par ailleurs, il est probable que le Saint Pape Jean XXIII doive sa canonisation à ses visions prophétiques indépendamment de la guérison miraculeuse de sœur Caterina Capitani, déclarée mourante à la suite de l’ablation d’une tumeur cancéreuse.

La Voyance, une matière à controverse

La voyance, de par sa nature même, ne cesse d’alimenter la polémique. Cet état de fait ne date pas d’hier. La méfiance envers la voyance a toujours été d’actualité tout au long de l’histoire contemporaine.

Un scepticisme justifié

Les détracteurs de la voyance n’ont pas attendu longtemps pour se manifester.

Déjà, au premier siècle avant notre ère, Marcus Tullius Cicero s’inscrivait en faux contre les pouvoirs de divination des haruspices. Cartésien avant l’heure, il opposait à ces derniers le principe de causalité.

Au siècle des lumières, Voltaire et Diderot s’étaient élevés contre toute forme de superstition et malgré leur curiosité naturelle pour les choses nouvelles n’ont pu s’empêcher de reléguer la voyance au rang des fabulations.

De nos jours, les scientifiques de tout horizon et même le commun des mortels ne peuvent que s’indigner devant la prolifération tous azimuts des pseudo-voyants qui se repaissent de la crédulité de leurs congénères, même si au final, l’activité de ces derniers profite à l’économie du pays.

Et pourtant…

Il serait injuste de passer sous silence les prouesses de médiums avérés comme Alexis Didier.

Dans un autre registre, une sommité de la physique nucléaire française, Yves Rocard, n’hésite pas à prôner urbi et orbi la réalité et l’utilité de la radiesthésie.

Plus près de nous encore, Maud Kristen a su s’imposer comme une référence en matière de voyance. Elle est l’une des rares devineresses qui peut s’enorgueillir de ne pas s’être enrichie hors de proportions. Elle doit son talent à la parapsychologie.

La parapsychologie, la voie médiane

La parapsychologie

Il existe peu de parapsychologues sur le marché de la voyance. La raison en est simple, les adeptes de cette science, à l’instar de l’Institut Métapsychique International, ont pour leitmotiv : « Nous ne croyons pas au paranormal, nous l’étudions. »

Une telle démarche pourrait réconcilier tout ce petit monde gravitant autour de la voyance, pourvu que chacun y mette du sien.

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